Qu'en est-il de la longue vie de Sainte Geneviève ? Quels évènements la conduisirent-ils à devenir la patronne de Paris. Par bien des côtés, Sainte Geneviève est de notre temps ;
Intéressant challenge que celui qui consiste à analyser comment il se peut qu'une modeste bergère, fille de pêcheurs de Nanterre, née en 423 et témoin de l'arrivée au pouvoir de Clovis, chef des Francs, puisse être à ce point si proche de nous qu'on ne serait guère surpris de la croiser au pied d'une tour de la Défense.
N'incarnera-t-elle pas dès le Vème siècle, la femme chrétienne qui s'investit totalement dans le social comme le font heureusement tant de bénévoles de nos jours ? Et ne fut-elle pas il y a 1500 ans de cela, ce qu'est la femme du XXème siècle, si consciente de ses responsabilités ?
À la mort de ses parents, elle vit dans le silence, la prière et la mortification, ne se nourrissant que deux fois par semaine. Elle est aussi favorisée de grâces extraordinaires, en lisant dans les consciences et en guérissant les corps au nom du Christ par des onctions d'huile.
Geneviève fait construire la première basilique de Saint-Denis. En 451, Attila franchit le Rhin et envahit la Gaule. Geneviève convainc les parisiens de demeurer dans la ville. Elle rassemble les femmes de Paris dans l'église-baptistère près de Notre-Dame et leur demande de supplier le Ciel d'épargner leur ville. C'est ce qui se produit. Plus tard, lorsque les Francs assiègent Paris, Geneviève sauve cette fois la ville de la famine. Elle organise une expédition ingénieuse au moyen de bateaux qui, par la Seine, vont chercher le ravitaillement jusqu'en Champagne. Sa réputation s'étend jusqu'en Orient. Clovis et Clotilde lui voueront une grande vénération. Elle sera enterrée en 512 à 90 ans, auprès du roi dans l'église des Saints-Apôtres que sainte Clotilde avait fait construire et qui prendra dès le VIIe siècle le nom de Sainte-Geneviève. Son corps est transporté en 845 à Marizy par crainte des Normands et rapporté à Paris en 890. À partir du XIIe siècle, la châsse contenant ses reliques est portée en procession à travers Paris. Des miracles ont lieu sur son passage en particulier lors du mal des ardents. Ses reliques sont brûlées par les révolutionnaires en 1793, mais son tombeau vide, transporté dans l'église Saint-Étienne-du-Mont continue d'être vénéré.