Comment, dans la réserve de Rio Platano, au Honduras, les hommes tentent-ils de répondre à la dégradation du milieu naturel dans lequel ils vivent ? Réponse dans ce deuxième épisode inédit de la série Jangal VI.
Au nord-est du Honduras se trouvent les 525 000 hectares de la plus grande réserve de la biosphère d'Amérique centrale : Rio Platano.
Inscrit en 1982 par l'Unesco sur la liste des patrimoines mondiaux de l'humanité, ce site exceptionnel a pour particularité d'avoir des écosystèmes de marais et de forêt tropicale humide, abritant une faune et une flore abondantes.
Pour échapper à la misère frappant leur pays, des paysans honduriens, attirés par les terres fertiles de la réserve et par le commerce du bois, sont venus s'installer en masse.
Le défrichement de la forêt, les trafics en tout genre et l'extension des zones agricoles ont provoqué des dégâts considérables. Résultat, en 1996, l'Unesco classe le Rio Platano parmi les patrimoines mondiaux en danger. Depuis, des missions viennent régulièrement évaluer la situation.
Le représentant de l'Unesco est accompagné par les différents gestionnaires : le Codhefor, ministère de la Forêt, et la coopération allemande, qui travaille dans le secteur depuis 1997.
En parallèle, les Misquitos, des indigènes autochtones livrés à eux-mêmes et isolés, envisagent des solutions pour subsister sans détruire la forêt. Vivant de l’agriculture vivrière et de la pêche, cette ethnie doit aussi trouver de l'argent pour éduquer ses enfants et acheter des produits provenant de la ville.
Mopawi, la principale organisation misquito, aide les rares projets de préservation ou de développement en vue d'une autogestion. Par ailleurs, dans le sud de la réserve, certains paysans ont commencé par faire de l'élevage et essayent de trouver d'autres alternatives, comme la culture du café.
Mais tous ces efforts sont contrecarrés par des hommes sans vergogne qui profitent de l'absence de sérieux contrôle de l'Etat et s'enrichissent grâce au commerce du bois précieux coupé illégalement.
Seule une volonté politique hondurienne renforcée, une collaboration plus étroite du gouvernement avec les habitants et des accords internationaux sur le commerce du bois pourraient sauver Rio Platano.